IN MEMORIAM Quentin Mourier

The french Daily 'LeMonde' is publishing portraits of the young people murderd at 13.nov.2015 in Paris by terrorists. One of them is Quentin Mourier, a young architect engaged with addiction to 'greening the city'. Mourning in ons heart we take the obituary for this young man written by Francine Aizicovici in LeMonde. Scroll down to find a German   and an English  translation.

 Après la « marche blanche » organisée jeudi 19 novembre, Jean-Pierre Toucas, le maire de Rouffach (Haut-Rhin), a planté un pommier en hommage à Quentin Mourier, un enfant du pays. Ce jeune homme de 29 ans a été tué au Bataclan, le 13 novembre, par les terroristes. L’arbre s’insère « dans le verger que nous venons d’aménager le long des remparts de la ville et une plaque est posée en sa mémoire et en celle des autres victimes des attentats du 13 novembre », précise M. Toucas. Un lieu symbolique pour cet architecte qui avait beaucoup travaillé sur des projets de vergers urbains.

Quentin Mourier a passé son enfance à Rustenhart, près de Rouffach où sa famille a déménagé il y a deux ans. Il était issu d’une famille modeste d’agriculteurs. Son petit frère Valentin, était très fier de lui, disent les amis de Quentin. Il avait obtenu en 2011 son diplôme de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles, où il préparait sa thèse de doctorat.

Son meilleur ami, Emmanuel Leroy, lui aussi architecte, dit de lui qu’il a « semé beaucoup de bonnes choses » et qu’il faudra les développer. Ils étaient ainsi en train de créer ensemble et avec un autre ami, l’Atelier Bienvenu, visant à valoriser les friches par l’agriculture urbaine. Quentin Mourier était par ailleurs membre de Vergers urbains,« un réseau d’associations qui s’occupent d’implanter des potagers sur les toits, souvent dans des quartiers défavorisés », explique David Malaud, un autre de ses amis. Dans ce cadre, un projet lui tenait particulièrement à cœur : le Living Roof, sur le toit de la Cité de la mode et du design, à Paris. Le jeune homme avait également été chargé d’étude de 2011 à 2013 à l’Atelier international du Grand Paris.

« Je l’avais encouragé à partir à Detroit », dans le Michigan, aux Etats-unis, symbole des cités industrielles en crise, « et à se rapprocher du Detroit Working group, qui s’occupe de mettre sur pied des projets de réhabilitation par l’agriculture urbaine, l’habitat… », précise son directeur de thèse, Paolo Amaldi, associé du cabinet genevois Amaldi-Neder.

Sa thèse portait sur les formes d’inhospitalité urbaine contemporaines. « Il étudiait la manière de transformer un espace hostile en un espace d’hospitalité, ouvert à l’étranger, qui pour lui pouvait être les autres gens, les plantes, les bêtes, la biodiversité, relève David Malaud. Il était très écolo».

« C’était un brillant élève, souligne Paolo Amaldi. Un étudiant discret mais déterminé, empathique, raisonné. Ce qui le caractérisait le plus, c’était sa préoccupation pour les questions touchant à la décroissance urbaine, au mal vivre dans les grandes agglomérations. » Il aurait dû obtenir son doctorat en 2016.

« Très humaniste, engagé, brillant, il voulait toujours accueillir tout le monde, aider tout le monde, se souvient David. Il était le meilleur d’entre nous. » Il aimait la musique et faire la fête. Il lisait les philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari. « Il était plein de bonté et de naïveté aussi, ajoute Emmanuel Leroy. Il croyait vraiment en l’humanité ».

 

 Nach dem 'Marche Blanche', der am 19 November 2015 organisiert worden war, hat der Bürgermeister von Rouffach (Oberrhein), Jean-Pierre Toucas, einen Apfelbaum gepflanzt als Hommage für Quentin Mourier, ein Kind der Region. Dieser 29 Jahre alte junge Mann war am 13.November 2015 von den Terroristen im 'Bactalan' in Paris getötet worden. „Der Baum wird Teil des Obstgartens, den wir entlang der Festungsanlage der Stadt einrichten wollen und wird dort gepflanzt zum Gedächtnis an ihn und an die anderen Opfer des Attentats des 13. Novembers“ erklärte Herr Toucas. Ein symbolischer Ort für diesen Architekten, der sehr viel an Projekten städtischer Obstgärten gearbeitet hat.

Quentin Mourier hat seine Kindheit in Rustenhart bei Rouffach verbracht, wohin seine Familie gezogen war, als er 2 Jahre alt war. Er stammt aus einer Landwirtsfamilie. Sein kleiner Bruder Valentin war sehr stolz auf ihn, wie seine Freunde sagten. Er erhielt 2011 sein Diplom an der Ecole National Supérieur d'Architecture in Versailles, wo er danach an seiner Doktorarbeit arbeitete.

Sein bester Freund Emmanuel Leroy, ebenfalls Architekt, sagt über ihn, er habe „viele gute Dinge gesät, die man weiter entwickeln muss“. Zusammen mit einem weiteren Freund gründeten sie das Atelier Bienvenu mit dem Ziel, die Stadtränder mit urbaner Landwirtschaft aufzuwerten. Wie David Malaud, ein anderer Freund, berichtete, war Quentin Mourier darüber hinaus Mitglied der 'Städtischen Obstgärten', einem Netz von Vereinen, die sich mit dem Anpflanzen von Gemüsegärten auf Dächern, oft in ungeliebten Quartieren, beschäftigen. In diesem Rahmen lag ihm ganz besonders ein Projekt am Herzen: das 'Living Roof' auf dem Dach der Cité de la Mode et Design in Paris. Auch arbeitete dieser junge Mann in den Jahren 2011-13 mit an dem internationalen Atelier für Grand Paris.

Seine Diplomarbeit ging über die heutige  Unwirtlichkeit der Städte. „Er untersuchte, auf welche Weise man eine feindliche Umgebung in eine offene, gastfreundliche transformieren könne, offen für das Fremde, das für ihn nicht nur andere Menschen, sondern auch Pflanzen, Tiere und die Biodiversität waren“, sagte David Malaud, „er war sehr ökologisch orientiert“. Und er war ein brillanter Student. Zurückhaltend, aber sehr bestimmt, empathisch, besonnen. Was ihn am meisten charakterisierte, war seine Besorgnis über Fragen des Niedergangs und der schlechten Lebensbedingungen in den grossen Agglomerationen. In 2016 hätte er seinen Doktortitel erhalten sollen.

„Sehr humanistisch, engagiert, brillant, war er stets bereit, alle Welt zu empfangen und aller Welt zu helfen“, erinnert sich David. „Er war der beste von uns. Er liebte Musik und Feste, er las die Philosophen Gilles Deleuse und Félix Guattari“. Und Emmanuel Leroy fügt hinzu, „er war voller Güte und auch Naivität, er glaubte wirklich an Menschlichkeit“. 

Üversetzung Helga Fassbinder